Chapitre 4 : La gestion des investissements et le plan de financement

Un projet d’investissement s’inscrit dans la stratégie globale de l’entreprise et concerne la planification à long et moyen terme. Ce chapitre est consacré uniquement aux aspects financiers de la décision d’investissement. La gestion des investissements consiste à :
- étudier la rentabilité économique des projets d’investissements ;
- mesurer les risques encours ;
- choisir les investissements les plus rentables et les modes de financement les mieux adaptés ;
- chiffrer les prévisions en élaborant un plan pluriannuel et un budget des investissements ;
- contrôler le budget, le financement et la rentabilité des investissements.

I) Les investissements :


Définition :
         Un investissement  est défini comme une immobilisation importante de fonds dont l’entreprise espère retirer, pendant une période déterminée, une rentabilité future tout en prenant des risques.

La classification :
         On distingue différents types d’investissements selon leur nature ou leur objectif :



II- Les méthodes de choix des investissements en avenir certain :


Les flux nets de trésorerie :

a) Principe :
    un projet d’investissement est rentable donc acceptable, à condition que les recettes futures attendues soient supérieurs au capital investi au départ (C).
    L’évaluation des recettes futures est obtenue à partir des flux nets de trésorerie (FNT) annuels, après impôt, générés par l’investissement sur sa durée de vie.
    Les flux nets de trésorerie sont appelés également capacité d’autofinancement (CAF).
Flux nets de trésorerie
ou
capacité d’autofinancement

=
(Produits encaissables – Charges décaissables) – impôts sur les bénéfices
ou
résultat net d’impôt + Dotations aux amortissements

b) Application :

1) Enoncé :
         L’entreprise envisage un investissement d’un coût de 200 000 dh, amortissable en mode linéaire et dont la durée de vie serait de 4 ans. L’entreprise est soumise à l’impôt sur les sociétés (taux de 33,33%).
         Les recettes et les dépenses supplémentaires attendues pour cet investissement sont les suivants :
Années
1
2
3
4
Chiffre d’affaires
92 000
102 000
105 000
105 000
Charges d’exploitation décaissables
40 000
44 000
46 000
46 000

2) Les flux nets de trésorerie :
Années
1
2
3
4
Chiffre d’affaires
92 000
102 000
105 000
105 000
- Charges d’exploitation décaissables
40 000
44 000
46 000
46 000
- Dotations aux amortissements
50 000
50 000
50 000
50 000
= Résultat avant impôt
2 000
8 000
9 000
9 000
- impôt
667
2 667
3 000
3 000
= Résultat après impôt
1 333
5 333
6 000
6 000
+ Dotations aux amortissements
50 000
50 000
50 000
50 000
Flux nets de trésorerie (FNT)
ou Capacité d’autofinancement (CAF)

51 333

51 333

56 000

56 000
         La somme des flux nets de trésorerie (218 666 dh) est supérieure au montant de l’investissement.

La rentabilité économique :

a) Les critères de choix :
         La rentabilité économique d’un projet d’investissement est étudiée indépendamment de son mode de financement.
         Plusieurs critères de choix d’investissement sont retenus, avec ou sans actualisation, pour apprécier la rentabilité économique du projet et aider l’entreprise dans ses prises de décision.
         Ils mettent tous en relation le capital investi (C) et les flux nets de trésorerie (FNT).



Critère
sans actualisation




Critère
avec actualisation
 













Délai de récupération du capital investi (DR)


Valeur actuelle nette (VAN)
Taux interne de rentabilité (TIR)
Indice de profitabilité (Ip)
         Le tableau ci-dessous présente ces différents critères :


Critères
Définition
Calcul
Interprétation

Délai de récupération
du capital
investi
DR


Le DR indique le temps qu’il faut à l’entreprise pour récupérer le capital initialement investi.

Calculer les FNT cumulés sur la durée de vie de l’investis-sement.
Le DR est atteint dans l’année où les FNT cumulés atteignent le capital initiale-ment investi.
SFNT = C

L’investissement est 
rentable si la
 récupération est 
possible et si le 
délai est inférieur 
au délai
 maximum que 
l’entreprise s’est fixé.
L’investissement 
choisi est celui qui
 a le DR le plus court.
Valeur
actuelle nette économique
VAN
La VAN économique est le résultat de la comparaison, à la période 0, du capital initialement investi et de la valeur actuelle des FNT attendus de l’investissement sur sa durée de vie.

VAN = SFNT actualisés - C
Actualiser les FNT consiste à pondérer chaque FNT annuel du coefficient (1 + t)-n.
t = Taux d’actualisation
n = rang de l’année
FNT0 = FNTn (1 + t)-n

L’investissement est 
rentable si 
la VAN 
économique est
  positive.
L’investissement 
choisi est celui qui
 dégage la VAN 
économique positive 
la plus élevée.
Taux interne
de rentabilité
TIR
Le TIR est le taux d’actualisation qui annule la VAN, donc pour lequel les FNT actualisés sont égaux au capital initialement investi.

TIR = t tel que VAN = 0
donc tel que :
S FNT actualisés = C
Calculer le TIR par itération et interpolation linéaire.

L’investissement
 est rentable si le
 TIR est supérieur 
à un taux minimal 
(taux de rejet)
 fixé par l’entreprise.
L’investissement 
choisi est celui dont le TIR le plus élevé.
Indice de profitabilité
Ip
L’Ip est le rapport entre la VAN et le capital initialement investi.
C’est le critère le plus pertinent pour comparer des investissements de montants différents

              1 + VAN
    Ip =
                    C
Il peut s’exprimer en pourcentage.

L’investissement est
 rentable si l’Ip est
  positif.
L’investissement
 choisi est celui 
dont l’Ip est le plus 
élevé.

b) Application :

1) Enoncé :
         Les flux nets de trésorerie attendus pour un projet d’investissement d’un coût de 100 000 dirhams sont les suivants :
Années
1
2
3
4
Flux nets de trésorerie
42 000
48 000
39 000
40 000
         Le taux d’actualisation est de 10 %.

2) Le délai de récupération du capital investi :
·        Flux nets de trésorerie cumulés
Années
1
2
3
4
Flux nets de trésorerie cumulés
42 000
90 000
129 000
169 000
·        Délai de récupération

Le délai de récupération est atteint au cours de l’année 3.
La date exacte est déterminée par interpolation linéaire, soit :

(100 000 – 90 000)
                                         x 360 = 92 jours, donc le 2 avril de l’année 3
         39 000

3) La valeur actuelle nette économique :
VAN = 40 000 (1,10)-4 + 39 000 (1,10)-3 + 48 000 (1,10)-2 + 42 000 (1,10)-1 – 100 000
         = 34 475.
         La valeur actuelle nette est positive, le projet d’investissement est donc rentable.

4) Le taux interne de rentabilité :
TIR= t tel que : 40 000 (1 + t)-4 + 39 000 (1+ t)-3 + 48 000 (1+ t)-2 + 42 000 (1+ t)-1 – 100 000
     = 25,38 %.

         Le taux interne de rentabilité est supérieur au taux d’actualisation ; le projet d’investissement est donc rentable.

5) L’indice de profitabilité :
          1 + 34 475
Ip =                          = 1,344
            100 000
         L’indice est positif ; le projet d’investissement est donc rentable.

III- Les choix de financement :

Les modes de financement :
         Une fois le projet d’investissement retenu, l’entreprise doit prévoir le mode de financement le mieux adapté à sa structure financière en fonction de la nature et du coût du moyen de financement. Plusieurs solutions s’offrent à elle :

Financement
par fonds propres




Financement externe


 











Autofinancement
Cession d’actif immobilisé
Augmentation de capital

Emprunt
Crédit-bail
Subvention d’équipement


Le plus suivant l’entreprise opte pour une combinaison de ces différents moyens de financement.

Les critères de choix :
         On distingue deux critères calculés à partir des flux nets de trésorerie liés au financement :



C’est le taux d’actualisation qui annule la valeur actuelle nette du mode de financement ; il exprime le coût réel du financement. Le financement le plus favorable est celui dont le taux actuariel est le plus faible.
 L’incidence du financement :
         La rentabilité d’un investissement se trouve modifiée par la prise en compte de son mode de financement :

VAN globale = VAN économique + VAN du mode de financement
 



         Si : VAN du mode de financement > 0 Þ VAN global > VAN économique.

Application :

a) Enoncé
         Pour un projet d’investissement d’un coût de 100 000 dh, la valeur actuelle nette économique est de 34 475 dh avec un taux d’actualisation de 10 %. Les flux nets de trésoreries liés au financement par emprunt à 80 % sur 4 ans, au taux de 9 % sont les suivants :

Années
1
2
3
4
Flux nets de trésorerie
- 24 800
- 23 600
- 22 400
- 21 200

b) La valeur actuelle nette de financement :
montant de l’emprunt : 100 000 x 80 % = 80 000 €
VAN = - 21 200 (1,10)-4 – 22 400 (1,10)-3 – 23 000 (1,10)-2 – 24 800 (1,10)-1 + 80 000 = 6 641
La valeur actuelle nette est positive ; ce mode de financement est favorable.

c) La valeur actuelle nette globale :
VAN globale = 34 475 + 6 641 = 41 116
La valeur actuelle nette globale est supérieure à la valeur actuelle nette économique ; en ce cas, le financement par emprunt augmente la rentabilité du projet d’investissement.

d) Le taux actuariel :
taux actuariel = t tel que :
t = 6,67 % ce qui représente le coût du financement par emprunt
le taux actuariel est inférieur au taux d’actualisation ; la rentabilité du projet est donc augmentée.

IV- Le plan de financement et le budget d’investissement :

Le plan de financement :

a) Définition et objectif :
         Le plan de financement est un état financier prévisionnel à long et moyen terme (3 à 5 ans). Il est établi à partir du programme des investissements choisir par l’entreprise. Il concerne en général l’ensemble de l’entreprise mais il peut être élaboré pour un projet d’investissement  spécifique.
         Son objet est de :

- comparer
dans un tableau pluriannuel et prévisionnel :
·   les emplois : besoins de financement liés aux investissements, les besoins en fonds de roulement ;
·   les ressources prévues pour couvrir les besoins.
- vérifier
La cohérence des décisions prises en matière de politique d’investissement et de financement ;
- contrôler
L’équilibre financier entre les emplois et les ressources prévisionnels ;
- prévenir
Les difficultés financières ;
- rechercher
Les causes de déséquilibre et y remédier.

b) La structure :
         La présentation du plan de financement est semblable à celle du tableau de financement des emplois et des ressources.
Il est structuré en trois parties de la manière suivante :

Eléments
Années
N
N + 1
N + 2
N + 3
N + 4
N + 5
I. Variation des emplois
·Dividendes à distribuer (1)
·Investissements nouveaux
·Besoins en fonds de roulement
·Remboursement des emprunts
·Autres

Total
II. Variation des ressources
·Capacité d’autofinancement
·Désinvestissements
·Ressources extérieures
-  Capital
-  Subventions et prêts participatifs
-  Emprunts à long terme
·Autres

Total
III. Excédent  (insuffisante) des ressources






(1) Le cas échéant

c) L’équilibre du plan de financement :
         Le total des ressources prévisionnelles doit être supérieur au total des besoins prévisionnels pour que l’entreprise puisse disposer d’une marge de sécurité en cas d’erreurs de prévisions ou de besoins de financement non prévus.
         L’équilibrage du plan de financement s’effectue par itérations soit en recherchant des ressources complémentaires, soit en diminuant les emplois prévus.
         Le plan de financement que l’entreprise choisira sera celui qui ajustera au mieux le plan d’investissement à la structure financière de l’entreprise et à la rentabilité à venir.

Le budget des investissements :
         L’entreprise peut avoir recours, pour préparer le budget des investissements, aux techniques d’ordonnancement, afin d’ordonner l’ensemble des tâches du projet d’investissement, les échéances des flux financiers correspondants et de déterminer la durée totale de la réalisation du projet.
         Le budget global annuel des investissements se subdivise en deux budgets partiels :
- le budget des investissements proprement dit ;
- le budget de financement.
a) Le budget des investissements proprement dit :
     Il permet de détailler mois par mois pour les projets d’investissements retenus :s dépenses donnant lieu le plus souvent au versement d’acomptes. Le renoncement éventuel à un engagement entraîne une indemnité. Tout retard peut compromettre l’organisation du projet ;
les dates de règlement en fonction des accords passés. Elles permettent de prévoir la trésorerie en conséquence ;
les dates de réception des investissements à partir desquelles l’entreprise peut disposer des investissements et donc les exploiter.
b) Le budget de financement :
         il est nécessaire de budgétiser les ressources à dégager (internes ou externes) pour couvrir les prévisions de décaissement tout en respectant l’équilibre financier.
         Le budget peut être élaboré de la manière suivante :



 
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